Visite du Ministre de l’Intérieur à Calais : la vigilance est de mise !

J’ai accueilli cet après-midi M. Bruno Le Roux, Ministre de l’Intérieur, à l’aéroport de Marck, à l’occasion de sa visite dans le Calaisis quatre mois après le démantèlement de la Jungle.

Lors des différents échanges auxquels j’ai participé, sur le site de l’ancienne jungle avec les officiels et à Transmarck avec les professionnels du transport, nous avons, avec les élus locaux, alerté le Ministre sur plusieurs aspects importants.

Tout d’abord, le retour des migrants dans le Calaisis n’est pas une vue de l’esprit. Evidemment, ils sont loin d’être aussi nombreux qu’il ya plusieurs mois mais quelques migrants reviennent sur notre territoire par petit groupes. De ce que je peux constater sur Marck, ces migrants sont délibérément amenés par des passeurs ou des associatifs dans le Calaisis depuis d’autres endroits de la région.

Nous avons ensuite insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles en amont de Calais et à Calais afin de donner plus de tranquillité aux transporteurs et aux professionnels du lien transmanche.

J’ai également demandé au Ministre la tenue d’une réunion d’attribution de subventions au titre du FIPD, afin de répondre aux différentes demandes effectuées par les collectivités pour la sécurisation de leurs axes par des moyens de vidéo-protection.

Ainsi, la ville de Marck attend depuis plusieurs mois la tenue d’une telle réunion afin de commencer le déploiement de sa vidéo-protection, alors même que le marché public a déjà été attribué à une entreprise et que le budget municipal est dimensionné pour absorber la création d’un tel dispositif.

Enfin, nous n’avons pu que nous satisfaire de la présentation faite par le Conservatoire du Littoral quant à la requalification de l’ancien site de la Jungle qui deviendra dans quelques mois un espace naturel d’exception à cheval entre Calais et Marck, le Site des Deux-Mers.

Il apparaît cependant évident que plusieurs mesures doivent être prises afin d’éviter que nous ne connaissions prochainement une situation identique à celle vécue il y a plusieurs mois :

- Renforcer la présence des forces de l’ordre présentes sur le Calaisis, afin de faire face à la présence nouvelle de migrants, de dissuader les trafics mais également de faire souffler les forces de police déjà présentes sur site
- Empêcher par tous les moyens la création d’un point fixe dans le Calaisis permettant un regroupement des migrants, que ce point fixe soit créé par les migrants eux-mêmes ou par les associatifs par des actions type distributions de repas ou de vêtements.
- La création d’un nouveau site d’accueil des migrants, éloigné d’une centaine de kilomètres du Calaisis, afin d’y transférer l’ensemble des migrants repérés et contrôlés sur le Calaisis dans le cadre d’une « tolérance zéro migrants dans le Calaisis », et y mener une enquête approfondie sur ces migrants afin de savoir qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils désirent, de démêler le vrai du faux des situations personnelles, et ce à fin de renvoyer dans leurs pays les migrants économiques d’une part, de « dubliner » ceux qui peuvent l’être d’autre part et de traiter les demandes d’asile en France des derniers, s’ils en remplissent les conditions.
- Accompagner plus concrètement encore les entreprises en difficulté financière et déployer plus rapidement les effets du contrat de territoire signé en 2015.

Frontières fermées ou pas, nouveau Schengen ou pas, « Frexit » ou pas, Calais et le Calaisis resteront toujours à 35 kilomètres du Royaume-Uni et nous ne pourrons jamais empêcher des hommes et des femmes de rêver à une vie meilleure dans un « eldorado » britannique.

Il revient cependant à l’Etat de tout faire pour que les habitants et les entrepreneurs du Calaisis ne subissent plus les effets négatifs de la crise migratoire mondiale.

Ce sont sur ces axes de travail que je m’appuierai en juin prochain lors des élections législatives, puis à l’Assemblée nationale en cas d’élection, afin de redonner un avenir et une ambition à notre si beau territoire du Calaisis et à ses habitants.

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